Les données relatives à l’emploi dans le BTP l’ont montré : la filière du BTP était en pleine croissance jusqu’au début de l’année. Après une analyse des emplois salariés privés (source : ACOSS), l’Alliance a constaté que le nombre de salariés privés est passé de 19 024 en 2016 à 22 246 emplois en 2018, soit une augmentation de près de 17% en deux ans. Cette croissance, poussée notamment par les emplois dans le “second œuvre”, devait se poursuivre au vu des grands travaux présents sur le territoire.

Cependant, la crise sanitaire a marqué un coup d’arrêt pour la filière. D’après une enquête menée par l’INSEE et la DARES au niveau national, 53% des salariés de la construction étaient dans une entreprise dont l’activité s’était arrêtée en mars. En avril, ils n’étaient plus que 16% dans cette situation, signe d’une amélioration de la situation. (cliquez ici

Au niveau territorial, cette amélioration se confirme. La FRTP affirme que “84% des entreprises franciliennes des travaux publics ont repris leur activité au 11 mai, même si des disparités existent en fonction des zones géographiques et de la taille des entreprises”. En effet, les entreprises travaillant sur les grands projets ont eu le temps de se réorganiser pour amorcer la reprise des chantiers. A l’inverse, les entreprises travaillant sur des chantiers “de proximité”, initiés notamment par les communes, sont pénalisées par le report des élections municipales.

Du côté du bâtiment, le discours est semblable. Constructys, l’Opérateur compétences de la Construction, estime que “l’activité a repris depuis le 11 mai”.

Pour autant, il est difficile de faire à ce stade une analyse précise des besoins en recrutement à venir. D’un côté, l’activité et les grands projets assurent une sécurité pour de nombreux emplois sur les chantiers. Mais, d’un autre côté, les nouvelles normes sanitaires “vont générer une perte de 40% de temps d’activité sur les chantiers de construction neuf” selon Constructys.

En conséquence, certaines actions de promotion des métiers prévues initialement par la FNTP dès le mois d’avril ont été repoussées à l’automne. Aussi, la situation ne bouleverse pas les actions engagées mais a pour conséquence de les décaler. En outre, un nouveau défi post-crise va émerger sur notre territoire : celui de l’accompagnement des personnes face au risque de mutation de leur activité. Ce défi constituera un axe de travail majeur de l’alliance sur cette filière. 

Enfin, il est important de rappeler que les entreprises du bâtiment peuvent toujours contacter Constructys pour la mise en place des financements FNE durant la période de l’activité partielle. L’OPCO rappelle d’ailleurs que cette période est propice à la mise en place de formation pour que les collaborateurs répondent toujours mieux aux besoins de l’entreprise.

Maximilien Dubois